Reiki : les effets sur la dépression
- Marine GM
- 23 oct. 2022
- 4 min de lecture
Les troubles dépressifs sont une catégorie de troubles psychiques définis par le DSM-V. Ils sont caractérisés par une tristesse majeure, une diminution de l’interêt pour des activités et la difficulté voire l’impossibilité à y trouver du plaisir, jusqu’à perturber le fonctionnement quotidien. On en classe 2 principaux : le trouble dépressif majeur et le trouble dépressif persistant qui caractérise des symptômes dépressifs qui durent depuis plus de 2 ans. Pour ce dernier 6% de la population en sera atteinte au moins une fois dans sa vie, alors que pour le trouble dépressif majeur la prévalence est de 5 à 9% pour les femmes et de 2 à 3% pour les hommes (1). Chez les adolescents, on estime que 14 à 25% d’entre eux connaîtront un épisode dépressif avant l’âge adulte (2). Les traitements les plus courants pour les troubles dépressifs comme pour les troubles anxieux sont des traitements médicamenteux mais qui deviennent de moins en moins populaires à cause de leurs effets secondaires, mais aussi du manque d’adhérence à leeur prise sur le long terme (1,2). On peut aussi s’orienter vers des psychothérapies, mais encore une fois, la stigmatisation d’aller chez un spécialiste de la santé mentale continue, et le manque de professionnels formés et spécialisés ainsi que le manque de fonds ne rendent pas cette option optimale, malgré son efficacité (1,2). C’est pour ces raisons que les thérapies alternatives complémentaires, dont le reiki, sont des options vers lesquelles de plus en plus de patients se tournent.

Une revue en 2015 s’est intéressée à l’impact du reiki comme traitement de la dépression (1). Sur les 3 études recensées, aucune ne montre de résultats significatifs pour les groupes de personnes dépressives ou anxieuses, par rapport à un groupe contrôle ou un groupe pratiquant de la relaxation (1).
En 2004, Shore a également étudié l'efficacité du reiki sur la dépression mais avec un suivi à long terme en plus (3). Les patients ont été divisés en 3 groupes : le reiki en présentiel, le reiki à distance et un reiki sham à distance avec des séances pendant 6 semaines(3). Les résultats montrent une différence significative entre les 2 formes de reiki et le placebo, mais seulement avec une légère différence, ce qui pose question sur la valeur clinique de ce traitement (3). Un an après, les chercheurs trouvent que les différences observées ont été maintenues (3). Ici, le reiki n’a pas été comparé avec une psychothérapie ou un traitement médicamenteux, on en conclut qu’il est efficace, certes, mais on ne peut pas savoir si il l’est plus ou moins que les thérapies classiques actuelles.
C’est une comparaison qui a été faite en 2016 chez des adolescents (2). L’étude conclut que le reiki est efficace, mais que la thérapie cognitive comportementale l’est aussi, avec un meilleur résultat(2). En effet, le reiki n’a pu qu’atténuer les symptômes dépressifs (2). En revanche, ce qui a été intéressant de remarquer, est que le reiki a été plus efficace chez les femmes que chez les hommes (2).
Ces résultats pas toujours flagrants et extraordinaires, qu’on pourrait considérer comme décevants, remettent en perspective que toutes les méthodes ne fonctionnent pas dans tous les cas. En effet, on aurait voulu voir des résultats allant dans le même sens que nos hypothèses, à savoir que le reiki est une thérapie efficace en cas de dépression, mais c’est aussi à ce moment-là qu'il faut savoir faire preuve d’objectivité. Cela peut fonctionner, dans certains cas, mais dans d’autres non. Il faudra savoir adapter à quelle personne cela pourra convenir, ou proposer cette option en plus d’un traitement classique. Mais une nouvelle fois, on ne pourra pas dire que cela fonctionne de façon miraculeuse ou que cela ne fonctionne pas du tout. C’est une option à considérer, surtout qu’il n’y a vraisemblablement pas d’effets secondaires, que c’est relativement facile à implémenter et peu contraignant.

Comprendre les mécanismes inhérents au reiki serait particulièrement important pour savoir quand et comment l’implémenter de façon optimale, surtout dans des cas pathologiques. Jusqu’à présent, les recherches se concentrent sur une évaluation des symptômes avant et après traitement, mais on ne sait toujours pas si le reiki induit des modifications structurelles ou fréquencielles après avoir rééquilibré les flux énergétiques dans le corps. En plus d’étudier cela avec des techniques d’imagerie ou d’enregistrement de l’activité électrique, faire des études à plus grande échelle avec des suivis à long terme, permettrait d’éviter les petites tailles d’effet semant le doute sur une réelle efficacité, mais aussi de voir un éventuel impact à plus long terme.
On a donc vu que le reiki pouvait avoir un impact bénéfique sur l’anxiété et le stress, la dépression ou encore la douleur, mais pas de façon extraordinaire. Bien que l’objectif de celui-ci est d’apporter la guérison, ce n’est pas nécessairement lors d’une maladie, où lorsque notre corps nous signale un déséquilibre par des maux. Inclure le reiki dans ses options de traitement, ou d’autres thérapies alternatives, dès lors d’un ressenti inhabituel, d’un déséquilibre, peut permettre de travailler sur des maux avant que le corps le signale.
Sources :
1 - Joyce J, Herbison GP. Reiki for depression and anxiety. Cochrane Database Syst Rev. 2015;(4):CD006833. Published 2015 Apr 3.
2 - Charkhandeh M, Talib MA, Hunt CJ. The clinical effectiveness of cognitive behavior therapy and an alternative medicine approach in reducing symptoms of depression in adolescents. Psychiatry Res. 2016;239:325-330.
3 - Shore AG. Long-term effects of energetic healing on symptoms of psychological depression and self-perceived stress [published correction appears in Altern Ther Health Med. 2004 Jul-Aug;10(4):14]. Altern Ther Health Med. 2004;10(3):42-48.




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